La pédagogie Steiner-Waldorf

12/05/2018

Inspirée des travaux du philosophe autrichien Rudolf Steiner (1861-1925), fondateur de l'« anthroposophie » (pensée visant à rapprocher l'homme des « mondes spirituels »), cette pédagogie humaniste accorde une large place aux travaux artistiques, scientifiques et manuels. Elle recentre aussi les enfants sur leur intériorité et leur créativité. Forte de 250 000 élèves dans le monde, la pédagogie Steiner compte vingt écoles et jardins d'enfants en France, soit quelque 2 300 élèves.

L'enfant, un individu créatif et spirituel

Dans les écoles pratiquant ce genre de pédagogie, l'accent est avant tout mis sur la créativité et le développement de la personnalité. De trois à six ans, les enfants ne se voient enseigner aucune connaissance académique. "C'est une période sensible pendant laquelle l'imaginaire se développe", insiste celle qui fut aussi éducatrice dans un jardin d'enfants Steiner-Waldorf. Les élèves passent donc leurs journées à jouer, créer ou encore à écouter des contes. Différents ateliers (cuisine, jardinage, etc.) sont également mis en place tout au long de la semaine.

Après 6 ans, l'enfant commence les apprentissages. Ceux-ci sont cependant toujours accompagnés d'activités créatives. "Nous considérons l'enfant dans tout ce qu'il est : l'émotion, l'intelligence, mais aussi l'agilité. Et tout cela fonctionne ensemble. C'est pour ça que nous demandons toujours aux élèves de faire. Lors de l'apprentissage de la lecture par exemple, les enfants apprennent à écrire en même temps". Pour reconnaître les lettres, l'éducateur va également raconter des histoires autour de ces formes, encore abstraites pour les enfants. Cela leur permet, selon Odile Moullé, de les intégrer dans leur imaginaire pour mieux les mémoriser.

Le temps d'apprendre

Le temps est aussi une valeur indispensable dans l'éducation Steiner. Ainsi, les élèves font généralement leurs apprentissages le matin avant de s'adonner dans l'après-midi à des activités créatives comme la musique ou la danse. Des temps qui permettent de décanter les leçons.

Le sommeil, lui aussi, a son importance dans ce processus. "La nuit est très importante dans le déroulement de l'apprentissage, précise Odile Moullé. Un enfant qui n'a pas compris quelque chose le comprend souvent le lendemain." La restitution des connaissances, passage incontournable, s'effectue donc systématiquement après une bonne nuit de sommeil.

Si les enfants récapitulent chaque jour ce qu'ils ont appris la veille, la pédagogie ne prévoit pas de système de notation avant le collège. En primaire, les évaluations prennent plutôt la forme d'un rapport annuel présentant un portrait de l'enfant et de son comportement. Jusqu'au collège, les élèves conservent d'autre part le même professeur de manière à construire une vraie relation avec lui et de bénéficier d'un bon suivi.

Une éducation ouverte sur le monde

Si la pédagogie Steiner-Waldorf a souvent été taxée de secte pour son rapport à la spiritualité, elle n'en est pas moins ouverte sur le monde. Dès le CP, les enfants apprennent deux langues vivantes. De nombreux stages immersifs sont aussi mis en place pour les adolescents à partir de 15 ans. Pendant deux semaines environ, ils vont se rendre dans une exploitation agricole, puis dans de petites industries ou encore dans un milieu social.

Les échanges linguistiques de deux ou trois mois dans d'autres écoles Steiner sont aussi très courants. "L'éducation civique et l'histoire de notre civilisation ou celle des religions sont des bases indispensables à l'ouverture d'esprit", ajoute la Fédération. Une fois leur scolarité terminée, à la fin du lycée, les élèves passent leur bac. "Celui de l'Education nationale", précise Odile Moullé qui assure que "les résultats sont excellents". Sur le site de la Fédération, il est indiqué que 85% des élèves présentés un an après qu'ils ont quitté la classe de première des écoles Steiner-Waldorf ont obtenu leur diplôme.